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Les Chinois obsédés par l’infidélité

Eric Meyer, 28 juillet 2006


Le 30 juin 2006, Zhao, jeune ingénieur pékinois, entre dans un bâtiment de béton anonyme. Au guichet, il décline son identité, reçoit une enveloppe scellée. Quelques secondes plus tard, indifférent aux autres (scène rarissime en Chine), il s’effondre en pleurs : l’Institut pékinois de génomique (BGI) vient d’effectuer un test ADN sur Zhao et sur son fils de huit ans. Le résultat vient de tomber : Zhao n’est pas le père ! Il faudra s’habituer à ce genre de drames. La mode des tests de paternité se répand en Chine comme une traînée de poudre (+ 50 % par an), malgré un coût élevé (300 euros). Le BGI a effectué 3000 tests en 2005 – souvent à l’insu de la mère. Or, 22,6 % des enfants testés se sont révélé être d’un autre père. Les généticiens précisent que les chiffres atteignent 30% à Canton (Sud) et 10 % seulement au Heilongjiang (nord du pays). La faute à la chaleur ? Ils sont aussi plus élevés à la campagne qu’en ville. Cela confirmerait que de nombreux Chinois sont malheureux en couple. Selon des enquêtes, de 30 à 50% des couples en viennent aux mains régulièrement. Les Chinois, en outre, partent à la redécouverte des sens et de l’exigence de plaisir après un demi-siècle d’une « révolution » tout sauf sexuelle. Selon Zhou Xiaozhen, un professeur de l’université du Peuple à Pékin : « Les banques sont pleines de mauvaises dettes, les magasins de produits piratés et mauvais, et les mariages de doutes sur la loyauté du partenaire : la déloyauté n’est pas une affaire de couple, mais celle de toute la société ! »





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