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Les Wolosso en font-elles trop ?

Yacouba Sangaré, 8 septembre 2006


En invitant mon pote Anselme, de passage à Abidjan, à prendre un verre dans un maquis (buvette à ciel ouvert qui pullule dans la capitale économique ivoirienne), j’étais loin de m’imaginer qu’il serait choqué. Non pas par mon invitation, ou encore parce qu’il est réfractaire à l’alcool, mais plutôt par le spectacle qui s’est imposé à ses yeux… pudiques. Assises à deux pas de nous, autour d’une table voisine garnie de bouteilles de bière, trois jeunes filles devisaient tranquillement. Vêtues de tenues légères : jeans taille basse qui laissaient entrevoir leurs strings ou encore deviner aisément qu’il n’y avait « rien en dessous » (pour l’une d’entre elles), elles attiraient les regards et ne laissaient surtout pas indifférent. « C’est quoi ça ? », demande mon ami burkinabé, éberlué par ce spectacle. – C’est la nouvelle mode abidjanaise : les Wolosso (mot malinké, une langue locale, qui qualifie les personnes sans gène ni honte qui se font entendre bruyamment). » Elles sont jeunes, élèves ou étudiantes pour certaines, exercent un métier ou ne font rien du tout, pour d’autres. Elles incarnent dans tout Abidjan aujourd’hui le phénomène Wolosso. Décolleté ou body transparent, pantalon moulant taille basse ou jupette volante, qui donne à voir les dessous ou rien, un collier autour des reins, elles déambulent dans la ville et surtout écument les maquis et night-clubs les soirs pour se trémousser au son des mélodies distillées par des DJ reconvertis chanteurs et qui exaltent à satiété la « mode » wolosso. Certaines se font même tatouer un string là où le vrai devrait en principe prendre place. La télévision ivoirienne a décidé de fermer ses antennes aux clips vidéo qui exaltent la gloire du phénomène Wolosso. Mais les Wolosso s’en moquent bien. Qu’importe si elles choquent, rien ne les empêchera de faire ce qu’elles veulent.





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